– publié le 22 novembre 2018 à 12h00

Le pétrole a fait les choux gras de la presse lors de ces dernières semaines.  Avec un top le 1er octobre à 86.71$, et des analystes qui envoyaient l’or noir à 100$ pour Noël, peu imaginait se retrouver 28.8% plus bas 7 semaines plus tard !

(Cours Crude Oil, 1994- à aujourd’hui, en vert, le positionnement spéculatif )

 

Alors qu’il ne reste plus que les yeux pour pleurer aux spéculateurs haussiers (le nombre de contrats avait atteint un sommet historique en début d’année, cf. ci-dessus ), la chute ne semble pas faire que des malheureux si l’on en croit Donald Trump (lire le tweet ci-après).

 

Le président américain se réjouit de la baisse du prix du pétrole assimilant ce gain pour le consommateur privé à une baisse d’impôt. Ce dernier s’attend encore à une baisse du baril. Attention toutefois car l’industrie du pétrole de schiste a une part non négligeable dans le PIB US désormais, et une baisse du prix du baril n’aurait pas que des effets bénéfiques pour les USA.

Mais est-ce que le prix du pétrole va encore chuter ? Il est probable que nous arrivions dans une zone de support momentanée. Arrêtons nous sur le graphique de la variation du stock de pétrole (ci-dessous). Nous rappelons que le stock est le résultat d’un surplus d’offre par rapport à la demande. Selon le rapport du 15 novembre dernier, les stocks avaient augmenté de 10.27 millions de barils, soit une variation proche des moyennes maximales historiques (cf. graphique ci-dessous). Il est donc envisageable que le prix du pétrole freine sa chute, car la demande de court terme devrait rattraper l’offre.Le pétrole pourrait entre autre être également soutenu par une baisse du dollar, car les supputations  sur la politique de la FED vont bon train, et ce n’est pas Richard Clarida (vice président de la FED) qui nous dira le contraire. Ce dernier a partagé ses craintes sur le ralentissement mondial de l’économie lors d’un entretien à CNBC vendredi dernier. Il a en outre ajouté que la FED devrait prendre en compte ces éléments et ainsi adapter sa politique monétaire. Ces propos ont pesé sur le billet vert car les probabilités d’une hausse de taux au mois de décembre ont légèrement diminué après ces déclarations.

La prochaine réunion de la FED sera déterminante pour les opérateurs de marché qui pourront affiner leurs anticipations de hausse de taux pour 2019. Aujourd’hui le marché anticipe des hausses à un rythme soutenu, soit un par trimestre, mais si les craintes de Clarida se reflètent lors du prochain meeting, nous pourrions voir les anticipations de hausse baisser et le dollar avec.

Comme nous l’avons déjà mentionné dans notre dernier article, les positions spéculatives acheteuses sur le dollar extrêmement élevées pourraient être un levier puissant si les acheteurs de dollar devaient retourner leur positions suite à un changement de rythme de hausse des taux.

Il est donc clair que la zone des 3.20% – 3.10% sur les 10 ans US va constituer une barrière évidente. Si les marchés continuent de faiblir, les rendements pourraient leur emboîter le pas et rejoindre la zone plus confortable des 2.70% – 2.60%.

En conclusion, le pétrole devrait se stabiliser et profiter d’un dollar en perte de vitesse. La réunion du 19 décembre nous éclairera sur la position claire à adopter pour 2019.

DISCLAIMER
Cette note est purement informative. Les prévisions indiquées ne constituent pas des recommandations d’achat ou de vente et ne sauraient être considérées comme une garantie de l’évolution future. Elles n’engagent en aucun cas la responsabilité de GIP SA et sont susceptibles de modification en tout temps sans préavis.

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